CAROL (réal : Todd HAYNES)

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 ★★★★☆ 

Avec : Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler

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New York, années 50, Therese est une jeune employée d’un grand magasin. On la sent un peu empruntée, restant sur son quant-à-soi. Ses relations avec sa hiérarchie semblent pleines de réserve.  Ou avec les clientes. En arrive une, justement, qui l’aborde. La quarantaine radieuse, elle est grande et distinguée. Intimidante. C’est Carol. Lors de cette rencontre, les deux femmes, chacune à sa manière, sont, si ce n’est séduites, tout au moins troublées. Carol – bel acte manqué ? – fait sa cendrillon et oublie un gant. Que Thérèse se fera un devoir de lui ramener. Le courant passe, à tel point que ça sent le coup de foudre. Sauf que Carol est mariée. Alors si l’adultère passe déjà mal, autant vous dire que dans ces années-là, l’homosexualité, c’est pas simple non plus. Leur monde vacille, c’est le moins que l’on puisse dire.

Sujet aussi simple et rabâché que passionnant : l’amour contre les conventions. Du temps de Molière ou Shakespeare, il n’en fallait pas beaucoup pour séparer deux amoureux. Ici, tout y passe : l’écart social entre la petite vendeuse et la grande bourgeoise ; l’ennui au sein du mariage hétérosexuel conventionnel (celui de Carol) qui ne tient que par l’habitude, le confort et l’amour de l’enfant ; l’attirance d’une femme pour une autre, jugée amorale et dépravée – même les protagonistes se posent beaucoup de questions – ; et enfin : la fuite, seule esquive possible face à cette impénétrabilité, voire la malveillance, des autres tellement figés dans la graisse de leur ennui et de leurs certitudes.

Côté actrices, rien à dire, les deux sont magistrales. Tout a été dit sur leur prestation et c’est peu dire que la jeune Rooney Mara tient la dragée haute à son illustre aînée Cate Blanchett. Par contre, s’il y en a un qui a été injustement oublié (ce film très féministe a dû intimider les critiques ?) c’est Kyle Chandler impressionnant et flippant dans le rôle du mari obtu, réac et totalement perdu.

Todd Haynes m’avait déjà captivé dans son précédent chef d’œuvre : « Loin du paradis » avec Julianne Moore, Dennis Haysbert et Dennis Quaid.

« Carol » : facture sobre et parfaite, interprétations de haute volée. Sujet glaçant. Que voulez-vous de plus ? Ah, une dernière chose : la dernière scène. J’en avais des bulles dans la moelle épinière.

Christophe

bande annonce

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