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Cr de mon 1er rallye : Le Beaujolais, par Denis

Vendredi contrôles administratifs et techniques. Ca met déjà dans l’ambiance. Ca déconne, ça sympathise mais après le technique on passe au choses sérieuses, toujours dans la bonne humeur : c’est le parc fermé. Ca y est  j’y suis ! « T’inquiète pas, ça va bien se passer. Un coup que tu seras parti ça va y aller tout seul » me disent d’autres concurrents. Je ne demande qu’à les croire…

Je suis en camping. Réveil des moineaux du coin vers 5h30 le samedi matin. Ca tombe bien, je n’ai pas trainé hier soir (dodo à 22h30) et je suis assez matinal. J’ai le n° 340, je parts à 10h59. J’ai largement le temps de tout faire avant l’heure H. Je suis quand même au départ des premiers. Encouragements aux futurs champions de France 2013 catégorie side-car et accessoirement membres du MCD : l’équipage Amblard/Amblard. J’ai hâte de prendre le départ : ça libère. Du coup je vais à ma moto 5 minutes avant le quart d’heure autorisé. Comme cette nuit, il pleut par intermittence. Je partirai en vêtements pluie. Tour du SLR, je n’ai rien oublié, les plastiques protègent bien les compteurs et le RB. Rencontre avec le 339 qui me précède. Il en est à son 2 ou 3éme. Tout au long de la journée ses indications me seront utiles. Je prend ma place dans la file d’attente.

C’est à moi. Fait chaud sous ce casque, les vêtements pluie peut-être ? A moins que… mais bon j’ai vu les autres faire, ça aide… 10-9-8-7-6-5-4-3-2-1- c’est parti pour le prologue. 35 minutes pour faire 23km jusqu’à Villefranche. Ca devrait aller, la navigation est simple. Comme tout le monde je suis largement à l’heure. Explications de mon prédécesseur sur l’utilisation du carton de pointage. On a 30 minutes de coupure avant de repartir. Casse-croûte vite fait. Hélas le temps maussade n’a pas fait sortir la grande foule, dommage pour le rallye.

 

Je suis au départ de la 1ére boucle jour. Les choses sérieuses commencent, 137km environ de CH en CH. Le but : ne pas pointer au CH suivant en retard. Je ne suis pas trop inquiet. Pourtant ça commence mal : sortie de Villefranche il faut prendre une petite route à gauche avant Arnas. D’après une carte que j’ai vue y a une ligne électrique au-dessus du carrefour, j’en oublie le RB.

Mai putain quand je lève la tête il y a des fils électriques dans tous les sens ! C’est quoi ce bordel !!! Moment de panique, je rentre dans ARNAS… suivi par mon suivant, le 344. Pas bon ! Demi-tour rapide sur un bout de trottoir. 2 participants enquillent dans la bonne rue et me font signe. La route est étroite, je gamberge sur l’imprécision que je vais avoir dans le kilométrage du fait de mon erreur tout en relançant le mono… oh merde ça tourne, un bon droit bien fermé. Gros freinage, ça glisse et ça couine derrière (ce ne sera pas la seule fois !), je vire à ras de l’herbe, ouf ! Je me calme pour le gauche qui suit. Bon c’est décidé je me concentre sur le RB et ce que j’ai pu mémoriser du parcours en oubliant le kilométrage. ET JE NE M’ENERVE PAS sinon ça va mal finir !

Petit à petit j’oublie l’incident et la confiance revient. De WP en WP je suis pratiquement certain d’être sur la bonne route. Je lève la tête et je vois mes 2 concurrents au loin, bonne nouvelle.

Traversée de Blacé, les routes sont plus belles, je me dirige vers la 1ére spéciale à bonne cadence. Brusquement ça rétréci sévère, ça devient plus du chemin goudronné style Montagnes Russes. Je débouche sur de bonnes plaques de boues et cailloux descendus des vignes avec la pluie. Freine mon gars, freine ! Ca passe en glissouillant. Visiblement il y en a qui sont allé voir si la vendange serait bonne… Arrivée au départ de l’ES1. Je suis dans les temps. YES !!! Remise à zéro du compteur. Je prends mon tour dans la courte file d’attente. Nouveau cours sur l’utilisation du carton de pointage.

 

C’est à moi. Le responsable du poste que je connais depuis Cerdon me donne quelques conseils, je l’écoute religieusement : « n’oublies pas, tu as toute la route pour toi. En haut tu passes la ligne à fond sans t’arrêter. Gaz jusqu’au point stop. Là tu donnes ton carton. Fais gaffe il y a une grosse flaque d’eau à tel endroit et des graviers de l’épingle jusqu’en haut. Allez, fais toi plaisir ! » Grosse concentration sur l’horloge… 5… 4… 3… 2… 1… 0… c’est parti. L’utilisation de la route vient vite, la flaque d’eau, l’épingle, et quelle épingle ! Gros freinage comme sur toutes la (les) spéciale(s). Je suis trop à l’intérieur, je sors large, la roue arrière accroche l’herbe, j’accélère, ça patine mais ça revient sur la route. La moto bouge un peu sur les graviers mais ça va. Je ferai encore quelques erreurs avant d’arriver en haut. Pointage, on me donne mon temps. « ok. Mais ça donne quoi ? -T’es dans la moyenne » petit sourire de satisfaction sous mon casque…

C’est reparti jusqu’au nouveau CH par des routes de tous gabarits. J’arrive sur un CP, ça c’est bon, je suis sur le tracé. Au carrefour suivant je me trompe de case sur le RB et je parts tout droit. 1km avant que je fasse demi-tour, je remonte. Petite hésitation en haut du col, coup de klaxonne d’une autre moto, c’est par là. Ok merci gars. Ensuite ça va bien. Faut pas trainer quand même mais ça va. Depuis que l’on est sur les hauteurs c’est pluie sans arrêt, gênant et pas très agréable. J’arrive sur une route qui n’arrange rien : il y a bien 5 cm de graviers. Nous étions prévenus et heureusement les voitures on fait quelque traces… desquelles il est un peu chaud de sortir ! J’arrive au CH assistance, toujours dans les temps. J’y retrouve  JL MAS qui officie avec un pote à lui et qui va passer la journée sous la pluie.

Nouvelle liaison jusqu’à la prochaine spéciale. Quelques traversée de villages où il vaut mieux respecter à peu près les limitations, le PSR veille et certains, non des moindres, y laisseront des plumes. Arrivée à l’ES2 dans les temps, mais fallait pas musarder. Cette spéciale est plus roulante, sans gravillons et je l’aborde plus détendu qu’à la première, je suis dans le bain. Ca avance bien, trop parfois. Quelques erreurs qui usent un peu plus la gomme, mais rien de grave. Mon suivant arrive avant que je reparte. Il m’a repris 40 secondes le bougre ! Je me console comme je peux : il ne m’a quand même pas rattrapé. Je ne demande pas mon temps, je verrai ce soir. Il ne reste plus que du routier pour le retour sur Blacé. On passe par Le Péréon et St Etienne des Oulières (souvenirs), les routes sont belles et on peut assurer les horaires sans problèmes. Depuis que nous sommes redescendus il ne pleut plus, les routes sèchent. C’est quand même mieux. Le paysage à l’air sympa mais je le regarde peu tout occupé que je suis par mon RB. Je pointe à l’heure à la fin de cette 1ère boucle. Content d’avoir terminé et que tout se soit relativement bien passé. Direction la voiture pour les 15 minutes d’assistance : plein et changement de RB avant de repartir pour la 2éme boucle.

J’ai pu me garer pas trop loin. Par bonheur il ne pleut pas, pas besoin de sortir le big parapluie. Je me mets à l’aise et je fais comme je me le suis répété dans la tête plusieurs fois : sortir le tapis, faire le plein, changer le RB ; sans s’énerver. Tout se passe bien. Le prochain coup je garde le casque et le reste pour faire tout ça : j’arrive juste au CH. Le départ de la 2éme boucle est retardé, on patiente en refaisant la première.

 

Quand c’est à moi je m’élance avec moins de pression. Je pense avoir assimilé la « techenique » du rallye routier. On reprend le même parcours de Blacé à Blacé. Je suis confiant pour le routier, il ne devrait pas y avoir d’erreur d’aiguillage ce coup-ci car les images de la 1ére sont bien présentes. L’arrivée sur la partie « route à chèvres, boue et graviers vous saluent bien » est aussi folklo qu’au premier tour. Me voici  déjà à la 3éme spéciale que nous passerons sur le sec. Erreur, je n’ai pas assez mémorisé ces parties chronos. Je ne suis pas à fond quand j’arrive sur la fameuse épingle. Sûr, je l’enroule mieux ; mais j’ai perdu du temps avant. Les graviers sont toujours présents, un peu plus gênants au fil des passages. Ca m’occasionne une ou deux frayeurs. Mais bon, au final je gagne 13’’31 sur le premier passage.

Retour de la bruine et de la pluie sur les sommets. Je continue jusqu’au CH Assistance sans encombre. Tous les concurrents présents sont à l’abri d’un hangar. Je ne vois pas arriver les motos habituelles après moi. J’apprendrai qu’il y a eu des chutes dans l’ES3, heureusement sans gravité mais qui obligent parfois à l’abandon ; certainement à cause de ces putains de graviers. Je pointe, je m’ emmêle les crayons entre les gants mouillés, le carton de pointage et cette sacrée poche dont je ne trouve pas l’entrée. Nom di diou !!! Je repars pour l’ES4 où je pointe une minute trop tard. Et paf 15 secondes de pénalité, c’est fou ce que le temps passe vite ! Je n’ai pas plus mémorisé que la précédente mais je sais que le revêtement est bien accrocheur même si il y a l’humidité. La tenue des Anakee 2 me surprend agréablement et j’ose un peu plus, parfois limite… mais ça passe. Je gagne 19’’26. Youpi !

Retour vers une météo plus agréable et direction Blacé pour le CH d’arrivée. Devant moi je vois 2 motos qui jardinent, hélas elles ne me voient pas. J’en croise même une à contre-sens. Grands signes, mais il a dû perdre quelque chose, je ne le vois pas revenir dans le rétro. J’arrive à la fin de cette 2éme boucle largement à l’heure.

 

La 3éme boucle devait reprendre l’ES1-3 et nous ramener vers Blacé après une parcours de 30km. Deux spéciales sont nécessaires à l’homologation de la nuit et les organisateurs préfèrent préserver le revêtement. Elle est annulée.

Je vais poser ma belle au parc fermé. Je la quitte en me disant qu’elle a bien marché et que je me suis RE-GA-LE à son guidon.

Après le repas j’irai voir le passage de la 1ére boucle de nuit au fameux virage en épingle.

 

Mine de rien ça fatigue ces petits tours de moto. C’est un autre participants qui me réveille en ouvrant la porte de son fourgon : 9h30 ! Le temps de tout charger, la douche, aller payer et je déjeune à 10h45. Parfait la remise des prix est à 11h30. Cette dernière se fait dans la bonne humeur, avec intronisation de quelques pilotes dans la confrérie viticole locale. Grosse ambiance ! Et bien sûr le traditionnel pot qui clôture tout cela. La bonne surprise sera de voir quelques membres du MCD sur place.

 

En conclusion c’était une super expérience. Bon, on stress un peu avant et au début , normal. Mais on est vite dans le bain et on est bien conseillé par les plus anciens. L’essentiel étant de ne pas se prendre la tête et de s’amuser. En plus j’ai revu avec plaisir Marc SAUVAGE que l’on était allé voir au Moto-Tour 2012. J’ai connu plein de gens des 4 coins de la France et sympathisé avec certains que je devrais revoir aux Volcans.

Car figurez vous que je me demande si je n’ai pas attrapé le virus RR : Rallye Routier. Ben si,  je viens d’envoyer mon inscription au Rallye des Volcans.

Alors si vous êtes tentés n’hésitez plus, franchissez le pas et allez-y. Vous ne le regretterez pas.

 

Un grand merci à tous ceux qui m’ont conseillé et aidé avant, pendant et après. Tout m’a été très utile.

 

 

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