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Rallye des Garrigues-Denis

C’est reparti pour 2014 avec le premier rallye de la saison : Les Garrigues. Accompagné de madame, arrivée le jeudi. Nous allons voir notre hébergement (chambre d’hôte) avant de nous rendre au parc coureurs. Je retrouve les autres membres du MCD : Thierry, Jean Louis (qui vient en tant que commissaire), Philippe et les faux frères Amblard . Le MCD est bien représenté ! Je retrouve aussi avec joie la « famille rallye » et les connaissances. Je laisse moto et matériel sur place. Après le restau nous retournons à la chambre d’hôte.

Le Side d’Alain et Olivier suivi de Thierry, Mickaël, et votre serviteur.

Side AMBLARD (s)

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Rallye des Garrigues 2014

Deux étapes pour ce rallye, une de jour et une de nuit. Je ne fais que le jour qui se décompose en 2 grandes boucles et une plus petite au nord, suivi d’une boucle sud (100kmx2, 37.7km, 60.2km)
Vendredi nous retrouvons Thierry à 9h00 pour une reco de la boucle nord qui nous fait faire le tour du Pic du Canigou à travers Garrigues et Vignes. Sur le routier on est bon, on a bien interprété le RB. Le parcours est sympa. Gaffe quand même, les routes sont variées et les petites recèlent quelques pièges (graviers, trous, terre). Et elles ne manquent pas de virages en tous genres !
L’ES de MURLES est une succession de gauches/droites plus ou moins serrés en montée et descente lègères. L’ES de MURVIEL lès MONTPELLIER est plus variée : virage à angle droit dès le départ, enfilade de virages rapides, une bosse en aveugle suivi d’un droit, un peu de virages serrés pour terminer sur une succession de bouts droits entrecoupés de courbes rapides ; le tout vallonné. Ces deux ES se déroulent sur des petites routes typiques des Garrigues.
Midi, je laisse Thierry qui va reconnaitre la boucle sud.
Après le repas je prends la moto pour aller sur cette même boucle. Elle nous emmène vers les étangs du bord de mer et Sète. A l’aller comme au retour nous traversons les cultures locales qui sont desservies par des voies communales mi routes mi chemin, voir des bouts de chemins parsemés de trous et autres joyeusetés ! C’est là que je vais. Cette boucle se termine par une ES aux portes de LAVERUNE, mais recos interdites en moto dans les spéciales.
L’après-midi nous retrouvons Mickaël qui vient d’arriver. Nous passons aux contrôles et mettons les motos en parc fermé.

Samedi, on y est. La météo sera conforme aux prévisions : pluie par intermittence le matin, un peu plus sérieuse au fil de la journée, mais rien de catastrophique. Par contre les degrés s’envoleront avec le vent !
J’ai le n°364, je part vers 10h40. Évidemment je suis au parc fermé largement avant. Je regarde partir les copains du MCD et les autres. C’est à moi. Je vais à ma moto, derniers préparatifs et vérifications. Sortie du parc, mise en pré-grille, un petit mot au micro du Speaker, passage au chronométrage à l’heure dite, le carton et en route.
Le parcours est mémorisé mais je vérifie quand même en déroulant le RB. Après 4km de route je suis ralenti dans un village par une voiture qui roule au pas. Je décide de la doubler. Je devine une toile rouge sur la droite et je continue,  environ 20km pour arriver au 1er CH. Pas de pluie mais les résidus d’averses de la nuit sont bien présents. Ça glissouille par endroit. Au fil des kilomètres un groupe s’est formé et nous arrivons groupés au CH. Je pointe à l’heure et avance vers le départ de la spéciale.
Je me retrouve dans une grosse file d’attente où il y a Thierry et Michaël. Un concurrent est sorti de la route, sans gravité, mais il faut attendre l’arrivée d’une ambulance de remplacement pour relancer les départs. Thierry me demande si j’ai pointé au CP. « Un CP ! Il y avait un CP ? Où ça ? » Je comprends : la voiture doublée après 4km, la toile rouge… c’était là ! J’ai les boules car je suis passé au bon endroit, je n’ai pas fait d’erreur d’aiguillage mais je vais quand même prendre 3 minutes de pénalités. C’est comme ça. Le prochain coup j’ouvrirai un peu plus les yeux.

Après un bon moment d’attente qui m’a laissé le temps d’avaler un casse-croûte, les départs reprennent. C’est mon tour. La chaussée est humide. Je suis très méfiant, peut-être trop. Ça glissait avant et ça risque de glisser ici. Je sais qu’il y a une épingle à droite qui se referme mais je ne sais plus où, elle me surprend un peu. 2’27″44, pas terrible mais j’ai préféré assurer.

Les routes sont plus roulantes, les chaussées alternent sec et mouillé. Quelques gouttes ici et là, mais rien de sérieux. je ne traine pas trop car Thierry m’a prévenu : le retour à côté de l’ES1-3 est piègeux. J’ai quand même le temps d’apprécier le paysage. Des gens me saluent à l’entrée d’un village. C’est sympa, je leur répond. Nouvelles petites routes pour remonter sur les garrigues. 10km plus loin j’ai subitement un doute : « P’tain c’est pas vrai, je viens de rater un 2éme CP ! » Les gens là-bas, c’était un CP ! » Trop tard pour faire demi-tour, mais c’est quand même bizarre. J’ai vu les gens et pas les panneaux jaune et rouge habituels. Peut-être un photographe ? Bon, je verrai bien plus tard. Un peu plus loin je croise les meilleurs qui sont sur leur 2éme passage dans la boucle nord et roulent en groupe, V qui va bien. Les indications de Thierry étaient bonnes, quelques passages sont blindés de terre et de graviers. J’ai la chance d’avoir rejoint un concurrent qui m’ ouvre la route, ça aide. Arrivée au CH de l’ES2. Il y a un peu d’attente.

Je fais part de mes inquiétudes concernant le CP éventuel aux participants qui m’entourent. Pour eux il n’y avait pas de CP, juste des gens du coin. Un copain (Serge) viens vers moi : « t’as raté le 2éme CP !? Aïe, 3 minutes de plus ! » me dit-il avec un sourire en coin avant de me rassurer. Il n’y avait rien. Le con, j’ai failli y croire. Tout le monde se marre.

Serge. Mais y m'a fait peur ce con. lol
Serge. Mais y m’a fait peur ce con. lol

Départ de l’ES 2, la route est mouillée. Nous sommes prévenus que ça glisse juste après le départ et dans une moindre mesure sur le reste du parcours, il y a eu quelques chutes. Effectivement je vois un participant mettre la moto en travers à la sortie du 1er gauche. Gaffe ! C’est mon tour. Molo dans le gauche, ça va. Après l’enchainement rapide j’arrive à la fameuse bosse suivie du droit, bien signalés. Je monte à gauche pour basculer du bon côté. Après coup je me dis que le virage n’était peut-être pas si serré que ça, que j’ai trop ralenti. Arrivent les bouts droits et la fin de l’ES. 1’35″60.

Fin ES2
Fin ES2
fin ES2
fin ES2

13 minutes pour rentrer, pas de souci je suis à l’heure. A cause du retard accumulé les organisateurs ont supprimé la petite boucle nord. Je dois pointer dans 15 minutes pour le 2éme départ sur la grande boucle nord. Rien a faire sur la moto, je vais m’avaler un demi à la vitesse grand v car le temps passe vite. Un appel rapide à ma femme… et je me prends 15″ de pénalité pour retard au CH !

 

C’est reparti pour la 2éme boucle sous une météo toujours mitigée.  J’approche de l’endroit où était le CP. Je ralenti bien décidé à ne pas le louper ce coup-ci. Bien sûr il n’y en a plus… Petit  à petit un groupe de 7 ou 8 motos se forme, emmené par une concurrente qui avance bien. Tout le monde est à l’heure au CH. Au départ de l’ES3 (2éme passage dans l’ES1) je me renseigne sur l’état de la route. Elle est beaucoup moins humide que tout à l’heure. Je suis un peu plus en confiance mais je me fais encore surprendre par le droit qui se referme. 2’10 », c’est mieux.

Une vingtaine de km plus loin je suis rattrapé par Stéphane (n° 370 ) dont l’antique 650 Honda à cardan émet quelques flatulences mais a encore de beaux restes. Je l’ai entendu arriver de loin ! Je repasse à l’endroit où il y avait les gens. Ne reste qu’un papi et son petit-fils. Pour un peu je m’arrêterais leur faire la bise, tellement je suis heureux de ne pas avoir raté un deuxième CP au premier tour.

Stéphane et sa vénérable lâcheuse de pets bruyants.
Stéphane et sa vénérable lâcheuse de pets bruyants.

A l’approche de l’ES4 (2éme passage dans l’ES2) je remarque une moto béquillée en bord de route. Le temps de reconnaitre la bécane de Serge et je fais demi-tour pour voir si il a besoin d’aide. Personne alentour. J’entends crier en contrebas. C’est Serge qui me dit d’y aller. Il vient de tomber en pane d’essence et se ravitaille auprès d’une ferme. Je repart et pointe à l’heure au CH de l’ES4. Départ de la spéciale. Ici aussi ça a un peu séché. Je me méfie quand même de ce premier gauche mais passe plus vite. 1’26″30 et là encore je pense avoir trop ralenti dans le droit qui suit la bosse. Je pointe à l’heure au CH de Lavérune.

1h30 de coupure avant le départ sur la boucle sud. C’est plus qu’il n’en faut pour aller au parc coureur faire le plein et discuter un peu avec les copains. J’apprends que Mickaël se débrouille plus que bien pour son premier rallye et claque de bons chronos. Hélas il est tombé dans l’ES1 mais a pu repartir.

Je suis à l’heure pour attaquer la boucle sud. Bien m’a pris de reconnaitre la partie « olé olé » de cette boucle : après 5km nous prenons un chemin truffé de nids de poules sur sa droite. Je sais qu’il faut passer à gauche pour conserver un bon rythme. Carrefour suivant je m’arrête pour mettre le kilométrage du Stryker au niveau du RB (RAZ oublié du départ). Stéphane me rattrape et me fait signe de le suivre, il connaît les routes par coeur, c’est son coin. J’hésite car la moto me fait une impression bizarre par moment. Je me demande si je ne suis pas crevé. Je le laisse partir. J’apprendrai plus tard que je ne suis pas le seul à avoir eu cette impression. En fait la route était pleine de gazole sur lequel le Versys se promenait joyeusement. Je le rejoint dans un village où un papi lui fait un stop sous le nez. Heureusement il se méfiait. Nous attaquons de la « route à chèvres », de la vraie ! La encore merci les recos, je sais où passer. Nous arrivons à un CP. Celui là au moins je ne l’aurai pas raté. Retour sur la départementale pour rejoindre Lavérune et son ES6. Nous y arrivons dans les temps. Les discussions avec les pilotes présents nous informent de chutes et de routes très étroites et assez glissantes après que l’on soit passé devant un abri bus.

La nuit commence à tomber et c’est « entre chien et loup » que je prends le départ. J’ai tendance à me fixer sur les gilets réfléchissants des commissaires, pas bien ! Après l’abri bus, bien que roulant en phare (+code) je cherche un peu ma route. C’est effectivement très étroit,  je suis en mode lopette . Certainement à cause des incidents précédents les commissaires agitent une lampe pour indiquer la bonne route et éviter que l’on ne tire tout droit… dans un ruisseau ! L’essentiel est d’arriver. 1’56″33 pour 1.8km de spéciale…

Je vais mettre la moto en parc fermé. J’apprends que nos sidecaristes se sont loupés sur cette dernière spéciale et ont dû abandonner. Dommage, je crois qu’ils étaient en tête de leur catégorie.

Je vais rejoindre madame qui s’est bien gelée au bord de l’ES2-4 pour faire quelques photos. Nous allons manger  dans une pizzéria avec des amis du coin. Nous croisons Thierry et Mickaël que je regarde partir pour l’étape de nuit non sans quelques regrets.

Dimanche, je vais récupérer moto remorque et matériel pour le retour à la maison. J’apprends que Philippe a gagné sa catégorie, les classiques. Modeste, il précise que c’est grâce aux déboires des autres.

Pour la petite histoire j’étais logé au même endroit que Julien TONIUTTI, champion de France en titre. Malgré de fourbes séances de spiritisme nocturnes je n’ai pas réussi à lui soustraire une once de ses talents de pilote… dommage.

Je suis dans les profondeurs du classement au scratch jour, mais ce n’est pas grave. Je me suis bien fait plaisir. Et puis sans ces 3 minutes de pénalités je gagnais 18 places. Mais bon, c’est comme ça. En tous cas vivement La Sarthe.

V. Denis